Sports et activités physiques - Déficients visuels

Dr Jean Claude Druvert*, Dr Dominique Pailler**, Dr Georges Challe***, Pr Jean-Bernard Pierra****

 

Si Valentin Hauy, et bien sûr Louis Braille, ont marqué l'histoire de l'instruction donnée aux jeunes aveugles, les activités physiques pour les déficients visuels sont en fait une pratique ancienne, puisque les premières expériences furent menées par Aimé Recope.Affecté comme professeur de gymnastique à l'école des aveugles de Saint Mandé en 1889, il va concevoir,le premier,un enseignement adapté à ce déficit sensoriel.

Comme pour le sujet sain et les autres types de handicaps, la pratique sportive pour la personne handicapée visuelle permet de lutter contre la sédentarité que peut entraîner la cécité, d'améliorer la coordination, la motricité, la perception de l'espace et du déplacement, de développer le système tactilo-kinesthésique et le système auditif,
sans oublier le rôle psychosocial évident qu'elle représente en rompant
l'isolement.

Les sports de compétitions sont pratiqués au sein de la Fédération Française Handisport (FFH),qui compte environ 1 300 pratiquants déficients visuels sur 25 000 licenciés. La fédération internationale est l'IBSA (International Blind Sport Fédération),fondée à Paris en 1981 et membre de l'International Paralympic Comitee (IPC).Les derniers Jeux
Paralympiques d'Athènes furent l'occasion pour beaucoup, y compris les médecins du sport,de découvrir le sport de haut niveau pratiqué par les déficients visuels.

NON VOYANTS ET MALVOYANTS
Est considérée, sur le plan de la définition légale, comme aveugle ou non voyant, toute personne dont l'acuité visuelle est inférieure à 1/20 (catégories 3, 4 et 5 de l'OMS).
Les malvoyants ou amblyopes (catégories 1 et 2) se situent dans une échelle d'acuité allant de 3/10 à 1/20, en distinguant les amblyopes profonds, moyens et légers.

Il existe une différence fondamentale entre l'aveugle complet ou non-voyant, dont la cécité est congénitale, et ceux dont l'apparition de la cécité est plus tardive. L'apprentissage d'un geste sportif sera beaucoup plus facile dans le second cas,car l'on pourra se référer à des images précises de certains gestes à réaliser. De même, il existe d'importantes différences chez les amblyopes suivant le mode de survenue (brutal ou progressif), l'âge de survenue et, surtout, le champ visuel résiduel.Un scotome central,avec une basse vision, peut être bien compensé pour les déplacements,ce qui n'est pas le cas lorsque le champ périphérique est très diminué.

Le retentissement de la déficience visuelle, en particulier sur le plan psychomoteur,
sera d'autant plus marqué que celle-ci survient avant l'âge de 12 ans. La mauvaise perception du monde environnant et l'inhibition engendrée par la cécité vont être responsables d'anomalies para-orthopédiques, comme des attitudes en cyphose dorsale,contre lesquelles il faut lutter par les techniques modernes de rééducation et par la pratique sportive.

L'influence de l'entourage familial est également très important à appréhender pour l'intégration sociale. Certains nonvoyants, repliés sur eux-mêmes, développent
d'authentiques syndromes dépressifs.

CLASSIFICATIONS POUR LA PRATIQUE SPORTIVE
Les handicapés visuels sont désignés par la lettre B (Blind) et classés en 3 catégories
distinctes,suivant l'acuité visuelle et le champ visuel :

● B1 : pas de perception lumineuse ou perception minime, avec impossibilité de reconnaître la forme d'une main, quelle que soit la distance et dans toutes les directions ;

● B2 :possibilité de reconnaître la forme d'une main,avec acuité visuelle de 2/60 et/ou champ visuel inférieur à 5 ;

● B3 :acuité visuelle comprise entre 2/60 et 6/60 et/ou champ visuel de plus de
5°, mais de moins de 20°.

Ne sont pas autorisés à participer aux compétitions pour handicapés visuels les personnes ayant une acuité visuelle supérieure à 6/60 et/ou un champ visuel supérieur à
20°.Une liste de matériel,bien codifiée, est établie pour appliquer ces mesures (échelle
d'acuité "basse vision"notamment).
Toutes ces classifications sont établies sur la base du meilleur oeil,avec une correction optimale,ce qui signifie que tous les athlètes porteurs de lentilles de
contact ou de corrections doivent les porter lors des tests de classification, qu'ils aient ou non l'intention de les porter lors de la compétition. Les athlètes
internationaux sont classifiés par des médecins OPH classificateurs internationaux,
spécialisés en basse vision.
La commission médicale internationale de l'IBSA est présidée par un médecin français : le Dr Georges Challe.

EXAMEN MÉDICAL : NOTION DES YEUX FRAGILES
L'examen médico-sportif comprend un interrogatoire détaillé,étayé par les examens
spécialisés effectués par les médecins ophtalmologistes (OPH) :

● étiologie du handicap :rétinoblastome, rétinite pigmentaire,maladie de Stargardt,
accident, pathologie infectieuse… ;
● date de survenue : handicap congénital ou acquis ;
● évolution du handicap, pour les amblyopes ;
● acuité visuelle, perception lumineuse ou cécité totale ;
● sensibilité aux contrastes et à l'éblouissement ;
● champ visuel : atteinte maculaire ou périphérique, ou les deux ;
● autres troubles associés,en particulier auditifs, physiques, psychiques, IMC (le
handicap visuel étant souvent au second plan dans ces cas-là) ;
● examen du globe proprement dit,avec mesure de la tension oculaire et fond d'oeil ;
● traitements :cortisone,prise de collyres dont bêta-bloquants (TUE). Le diagnostic étiologique doit être absolument précis, pour rechercher une contre-indication médicale à la pratique de certains sports. En effet,certains yeux sont considérés comme fragiles :
● chez l'aveugle complet,les glaucomes congénitaux, avec de gros yeux dits "buphtalmes" ;
● chez les amblyopes : les yeux opérés de décollement rétinien ou susceptibles d'en faire (myopie très forte, dégénérescence rétinienne congénitale périphérique...), cataractes opérées, glaucomes multiopérés, ectopies cristalliniennes, scléro-malacie, greffe de cornée…

Chez ces patients, la fonction visuelle restante doit être préservée au maximum et la prise de risques dans certaines pratiques sportives doit soigneusement être posée par un médecin OPH, averti de la pratique. Les sports de contact, ou pouvant entraîner un traumatisme indirect, les sports avec efforts en apnée, tels que l'haltérophilie,peuvent donc être contreindiqués chez une personne porteuse d'un oeil fragile.

Il y a nécessité de remplir un certificat de non contre-indication ophtalmologique à la pratique de la discipline sportive pratiquée. Le médecin du sport effectue, par ailleurs, un examen médical complet, comme pour tout certificat de non contre-indication au sport, avec les explorations cardiovasculaires classiques (ECG,test d'effort),chez des patients souvent indemnes d'autres affections et susceptibles d'effectuer des efforts importants (athlétisme, cyclisme).

LES SPORTS PRATIQUÉS
Nous parlerons essentiellement des problèmes posés par la classe B1, les sportifs des catégories B2 et B3, suppléant leurs difficultés sensorielles, intègrent pour la plupart des structures de pratique valides.

 Athlétisme
Les courses Elles comprennent les courses du 100 m, jusqu'au marathon. Les athlètes de la catégorie B1 sont systématiquement guidés par un athlète voyant,le lien entre les 2 coureurs étant assurés par une cordelette. Il est, bien sûr, indispensable que le guide soit si possible plus performant que l'athlète, pour éviter, comme à Sydney, que le
Kenyan Wanhoike Henry n'épuise complètement son guide lors du 5 000 m (record du monde),image qui fera la joie des télévisions et des photographes du monde entier !

Sur le plan du règlement, le sportif doit absolument passer la ligne d'arrivée en premier, sous peine de disqualification. Autre point du règlement, lors de la remise
des récompenses : le guide ne fait qu'accompagner son athlète au pied du podium,n'étant pas lui-même médaillé !

Dans les catégories B2 et B3, les sportifs suppléent souvent leurs déficits sensoriels
et courent seuls. Les sauts Il s'agit du saut en hauteur, en longueur et du triple saut.
Des informations auditives sont données par l'entraîneur, pour faciliter la prise de
marque dans l'aire d'impulsion. Dans les lancers,le guide n'intervient que lors du placement dans l'aire de lancer.

 Cyclisme
Pratiqué en tandem sur piste (vitesse, poursuite, kilomètre) ou sur route, le guide est ici appelé "pilote".Il s'agit d'une discipline spectaculaire, dont les premiers Championnats de France furent organisés en 1974 et dont les performances sont devenues remarquables,se rapprochant du haut niveau valide. L'équipage peut être masculin, féminin ou mixte (masculin et féminin, quelle que soit la place occupée sur le tandem).
Le tandem est lancé à près de 60 km/h sur piste. Le non-voyant doit donc faire une
confiance "aveugle"à son pilote,qui cette fois, sera, par les mystères de la églementation, médaillé avec son sportif. Les courses sur route se disputent sur
environ 120 km pour les masculins et 60 km pour les féminines.

 Equitation
En compétition,la pratique se limite aux épreuves de dressage libre et imposé. L'apprentissage de l'équitation,chez les non-voyants, nécessite des techniciens très pédagogues et compétents dans le domaine du handicap visuel.Le toucher, sens primordial pour l'aveugle,est ici difficile, face à un animal dont les dimensions dépassent largement l'amplitude des bras.

La première phase de l'apprentissage est la prise de confiance à terre vis-à-vis de
l'animal, qui permet de se familiariser avec ses réactions.Cette première phase
peut être relativement longue, suivant les individus. Puis vient la phase l'apprentissage, de montage proprement dite, qui s'effectue en manège, lieu clos dans lequel il est possible de prendre des points de repère.Le contrôle postural de la tête, qui détermine plus ou moins l'équilibre et l'assiette du cavalier,est un apprentissage particulier pour le nonvoyant.

Dans un espace tel que le manège, plutôt rectangulaire que rond, le moniteur l'équitation doit se positionner toujours dans la même direction, pour que le cavalier non-voyant puisse établir un point de repère fixe. Le plus souvent, le moniteur se place pour que le message sonore de sa voix soit perçu de manière bilatérale par le cavalier.
Les cavaliers B3 ne sont pas considérés comme handicapés et ne peuvent concourir aux Jeux Paralympiques.

 Le ceci foot ou foot 5 x 5
Il s'agit d'un sport populaire,dont le premier Championnat national s'est déroulé en 1986, en Espagne. Il est pratiqué soit par les B1 uniquement (à l'exception du gardien de but !), soit dans des équipes mêlant des joueurs classés B2 et des joueurs classés B3 (sans joueurs B1).
Le ceci foot est un sport dans lequel s'affrontent 2 équipes de 5 joueurs au degré
de déficience visuelle différent ;leurs yeux sont donc recouverts d'un bandeau afin
de respecter l'équité sportive.

Le terrain
Le terrain est un rectangle couvert de gazon naturel ou synthétique.Sa longueur est comprise entre 38 et 42 m et sa largeur entre 18 et 22 m. Il est délimité par les lignes de touche et de but. Une barrière protectrice, haute de 2 m,est posée sur les lignes de touche. Au centre du terrain, est tracé un cercle blanc de 6 m de diamètre. La ligne du
centre sépare le terrain en 2 parties égales.Les buts mesurent 3 m de largeur sur 2 m de hauteur. La zone du gardien de but mesure 5 m de long sur 2 m de large.A une distance de 6 m du centre du but,est tracé un rond blanc,d'où sont exécutés les penaltys. La marque du double penalty se trouve à une distance de 9 m.

(Les règles du jeu]
Au football 5 x 5, les athlètes voyants peuvent participer en tant que gardiens de but.Au cas où le gardien de but serait voyant,il ne peut avoir été enregistré au sein d'une autre fédération de football 5 x 5 ou de football (FIFA) les 5 dernières
années.
Chaque équipe se compose de 8 joueurs et de 2 gardiens de but.Au cours d'un match, 2 équipes de 5 athlètes s'affrontent, dont 4 sont des athlètes aveugles de la catégorie B1. Le 5e est le gardien de but,pouvant appartenir à la catégorie B2 ou B3.Hormis le gardien de but,les footballeurs portent un bandeau ou un masque couvrant les yeux, afin de respecter l'équité sportive entre les joueurs au degré de déficience visuelle différent.
Si un athlète touche son bandeau ou son masque,il est sanctionné pour infraction au règlement.Au bout de 5 fautes personnelles, un joueur est exclu du match et est remplacé par un autre.Si le gardien de but sort des limites de sa zone, il y a faute pour son équipe. Les joueurs sont guidés dans leurs évolutions sur le terrain par la voix de leur entraîneur et par des signaux sonores, placés derrière les buts.L'équipe championne paralympique en titre est le Brésil !
Enfin, au cas où un joueur frapperait du pied un adversaire,tenterait de le frapper du pied, ou pousserait un adversaire à l'aide des mains et des pieds, il est sanctionné et l'équipe adverse a le droit de tirer un penalty depuis la zone des 6 m. Pendant l'exécution d'un penalty, l'équipe en défense a le droit de former un mur défensif, pour autant qu'il y ait eu 3 fautes par mi-temps. Dans le cas contraire, le penalty est exécuté depuis la zone des 9 m, sans mur défensif.

Un arbitre contrôle le déroulement du match, en faisant respecter les règles du jeu. Il est assisté dans sa tâche par 2 autres arbitres,qui se déplacent le long des lignes de touche.

Les cartons
● Le carton jaune : l'arbitre montre un carton jaune à un joueur lorsque celuici a un comportement antisportif, parle ou agit de manière inconvenante,enfreint les règles du jeu, retarde la reprise du match ou, encore, quand il entre sur le terrain ou le quitte sans l'autorisation de l'arbitre.
● Le carton rouge :l'arbitre montre un carton rouge et expulse le joueur si celui-ci
joue d'une manière antisportive,persiste à se comporter de manière non appropriée,
frappe un joueur en dehors du jeu, arrête le ballon de ses mains, gêne l'équipe adverse ou reçoit un 2e carton jaune lors du même match.

La traumatologie
Il s'agit d'un sport très traumatogène :
● entorses de chevilles et de genoux,souvent sur des shoots ratés ;
● déchirures musculaires ;
● traumatismes faciaux, avec fractures dentaires ou du nez et ce,malgré le port, pour certains,d'un bourrelet de mousse antichoc au niveau crânien.

 Le goal-ball
Historique
Le goal-ball est un sport d'équipe pour non-voyants et malvoyants. L'Allemand Sepp Reindle et l'Autrichien Hanz Lorezen inventèrent ce sport pour les vétérans non-voyants de la deuxième guerre mondiale.Au départ, il fut considéré comme un sport de divertissement et de réhabilitation, mais il évolua rapidement en un sport de compétition.En Allemagne et en Autriche, il fut souvent joué dans les clubs de sports locaux. Il fut introduit comme sport de démonstration aux Jeux de Toronto, en 1976.
Le premier Championnat de goal-ball se déroula en Autriche, en 1978. Il fut introduit
dans le programme de compétition des Jeux Paralympiques aux Jeux de Séoul,en 1988.Il est aujourd'hui considéré comme l'un des sports paralympiques les
plus populaires.

Le terrain
Le terrain est de forme rectangulaire,de 18 x 9 m.Il est divisé en une aire d'équipe
de 9 x 3 m et une aire de réception de 9 x 3 m pour chaque équipe. Reste une aire de 9 x 6 m, entre les 2 aires de réception, dite "aire neutre".A l'exception des buts,toutes les délimitations sont tactiles, pour permettre aux joueurs de s'orienter. Ceci inclut la position des joueurs et les lignes d'orientation dans l'aire de chaque équipe.Les buts ont une hauteur de 1,3 m et une longueur de 9 m.

Le goal-ball est un sport d'équipe pour non-voyants et malvoyants des plus populaires,
rapide et spectaculaire, se pratiquant avec une balle sonore qu'il faut rouler à l'aide des mains jusqu'aux buts. Les règles du jeu Pratiqué dans 60 pays,le goal-ball est un
sport rapide et spectaculaire. Il est joué par des hommes et des femmes et nécessite
un haut niveau de compensation sensorielle pour pouvoir s'orienter.
Chaque équipe est composée de 3 joueurs, avec un maximum de 3 remplaçants.Les équipes ont aussi le droit à des temps morts de 45 secondes. Le ballon sonore pèse 2 kg contre 0,5 kg pour le tor-ball, jeu similaire pratiqué en France,mais qui n'est pas un sport paralympique.

Les joueurs doivent être classés dans les catégories B1,B2 ou B3 et sont tous mélangés
dans la même équipe. L'objectif est, pour une équipe, d'inscrire un but en faisant rouler la balle à l'aide des mains, tandis que les joueurs de l'autre équipe essayent de bloquer la balle avec n'importe quelle partie de leur corps.Le vainqueur est l'équipe ayant marqué le plus de but. Un match se déroule en 2 mi-temps de 10 min, avec une pause de 3 minutes entre les 2. En cas d'égalité, 2 mi-temps de 3 minutes sont jouées.Durant la prolongation, les équipes ont le droit à un changement et à un temps mort supplémentaire. Si l'égalité subsiste après la prolongation,le match est décidé par un
nombre de coups francs équivalent aux nombres de joueurs sur le terrain.
Durant le match,le son de la cloche à l'intérieur de la balle permet aux joueurs de
s'orienter.C'est pour cette raison que les spectateurs doivent rester complètement
silencieux et ne réserver leurs applaudissements que lorsqu'un but est marqué
ou à la fin d'une mi-temps.

Les fautes
L'équipe attaquante perd possession de la balle dans les cas suivants :

● la balle sort des limites du terrain lorsque les joueurs se la passent (passe dehors) ;
● une partie du corps d'un joueur sort du terrain pendant le shoot ;
● un joueur n'attend pas le signal "jeu " de l'arbitre avant de passer la balle.

Cependant,si la balle est bloquée par un défenseur et rebondit dans l'aire neutre de jeu, la possession revient à l'équipe attaquante. Cette règle est aussi appliquée si la balle heurte le poteau. Des pénalités sont données en cas de fautes individuelles ou par équipe. Dans n'importe quel cas, un seul joueur de l'équipe en défense reste sur le terrain pour défendre son but.Dans le cas d'une faute individuelle, c'est ce joueur qui défendra seul et, dans le cas d'une faute d'équipe, c'est le dernier joueur à avoir
fait une passe qui restera sur le terrain. Une pénalité individuelle est sifflée dans les cas suivants :

● la balle ne touche pas l'aire d'équipe ou de réception,après avoir été jetée par un joueur (balle haute) ;
● la balle ne touche pas le terrain avant la ligne médiane, même si elle a touché l'aire d'équipe ou de réception avant (balle longue) ;
● un même joueur lance 2 fois de suite la balle ;
● la balle s'immobilise avant l'aire d'équipe,après avoir été envoyée par un joueur (balle courte) ;
● un joueur a touché son bandeau durant le match ou les temps morts ;
● un joueur fait le premier contact défensif sans qu'une partie de son corps touche l'aire d'équipe ;
● un joueur fait de l'anti-jeu ;
● un joueur ne respecte pas l'éthique sportive ;
● durant un lancer, le joueur fait trop de bruit et empêche ainsi les joueurs de
l'équipe adverse de suivre la trajectoire de la balle.

Les pénalités d'équipe sont sifflées lorsqu'une équipe ne passe pas le ballon dans les 10 secondes après en avoir pris possession, lorsqu'elle fait trop de bruit et quand elle perd du temps et,bien sûr, lorsque l'équipe ou l'entraîneur ne respecte pas l'éthique du sport.

La traumatologie
Les plongeons répétés sur le tapis, ainsi que le poids du ballon,font que l'impact
sur un joueur en défense peut être relativement violent,malgré l'équipement de protection des joueurs. Ce sport est donc contre-indiqué chez des handicapés avec des yeux fragiles.


Judo
En judo paralympique, les athlètes s'affrontent suivant des catégories de poids et non de classification visuelle.Ainsi, tous les athlètes de même catégorie de poids sont mélangés : B1, B2 et B3.
Paradoxalement,la majorité des médailles d'or revient aux athlètes classés B1. Le travail d'équilibre,de coordination,de prise de conscience du schéma corporel, d'apprentissage en sécurité lors des chutes en font un remarquable sport pour les
handicapés visuels. Les judokas voyants en situation de combat essaient de décrypter
les jeux de force de leur adversaire par les sensations, beaucoup plus que par la vue. De ce fait, le judo est une activité sportive dans laquelle le nonvoyant peut se mesurer facilement aux valides et un sport particulièrement adapté aux personnes handicapées visuelles.
L'équipe de France a obtenu, à Athènes, des résultats remarquables, en particulier chez les féminines nouvelles venues dans le programme paralympique. Les affections fragilisantes du globe oculaire sont une contre-indication à la pratique du judo.

 Natation
La pratique dans un environnement bruyant et sonore, telle qu'une piscine, rend l'apprentissage de la natation difficile. L'éducation se fait par des explications
verbales, mais aussi tactiles. Le nageur aveugle apprend à connaître son environnement et ses dangers (pédiluve, limites du bassin). Une aide technique est utilisée pour les virages et l'arrivée.

L'entraîneur ou l'aide technique, muni d'une perche terminée par un embout de mousse,touche la tête du nageur lorsqu'il débute le dernier cycle de mouvement, avant de préparer sa culbute ou de toucher la plaque d'arrivée. S'il y a contre-indication au plongeon de départ (yeux fragiles), celui-ci se fait dans l'eau. Sinon, le guide accompagne le compétiteur sur le plot de départ. La technique des différentes nages une fois maîtrisée, la natation est une activité physique remarquable pour les déficients
visuels.

( Ski]
Il s'agit d'une discipline paralympique comprenant le ski alpin (slalom, descente) et le ski nordique (ski de fond et biathlon).Les premiers championnats de France se sont déroulés en 1969. Le ski nordique dit "classique"est le plus facile à pratiquer pour les sportifs nonvoyants, du fait de la présence de traces dans la neige qui constituent de véritables rails.En style dit "libre"(skating),l'apport du guide est beaucoup plus important, comme en ski alpin.Des moyens de communication par casque radio sont utilisés, ainsi qu'un langage technique précis et adapté. En biathlon, le tir est
effectué au moyen d'une carabine optronique, avec casque audio convertissant l'impact sur la cible en un signal sonore plus ou moins aigu.

 Autres sports
En dehors des sports paralympiques d'été ou d'hiver,d'autres disciplines sont couramment
pratiquées par les déficients visuels, que ce soit en compétition ou en loisirs. Nous pouvons citer :

● l'haltérophilie,dont l'apprentissage se fait avec des barres guidées type presse,et dont l'effort explosif en apnée peut être une contre-indication pour les yeux fragiles ;
● le tir à la cible, avec cible sonore (comme au biathlon) ;
● le tir à l'arc, qui utilise aussi un matériel spécifique :plateau d'assise avec empreinte pour les pieds,potence verticale avec un dactyle, repère mobile qui permet
de connaître la hauteur de la main par rapport à la cible ;
● la voile en équipage (croisière, dériveur), qui a développé un compas électronique
sonore pour barrer, des cartes marines adaptées, ainsi que des plans de port en braille ; l'équipage est mixte : handicapé visuel/handicapé moteur ;
● le golf, avec même des associations de golfeurs non-voyants aux USA ;
● l'aviron, facile à concevoir sur des bateaux à plusieurs qui sont barrés ;
● le bowling,pratiqué surtout en Europe de l'Est ;
● le parachutisme ou le delta plane, en tandem, avec moniteur ;
● les sports de montagne,tels que la randonnée et l'escalade, encadrés par des guides chevronnés ;
● la marche,accompagnée par un valide ou un chien guide d'aveugle ;
● le showdown,du nom de son inventeur, l'aveugle canadien Joe Lewis Showdown, qui créa ce jeu en 1960 : il s'agit d'une sorte de tennis de table,utilisant une table spéciale et une balle sonore,permettant de jouer sans assistance visuelle ;
● les échecs, si on les considère comme un sport… cérébral !

CONCLUSION
Le sport pour les handicapés visuels est maintenant bien codifié et bénéficie d'avancées technologiques dans beaucoup de domaines, y compris dans le cadre des basses visions.L'apprentissage des non-voyants peut parfois être long et difficile,et demande la formation d'éducateurs sportifs très spécialisés. La barrière majeure pour ce type de handicapés reste le déplacement dans la ville pour rejoindre les installations sportives. Les déficients visuels représentent en moyenne 12 % des effectifs (mais près de 40 % des médailles à Turin) de la délégation française aux Jeux Paralympiques,
certainement assez loin derrière les chiffres de pays comme l'Espagne, dont l'association des aveugles (La Once) a réussi à créer, par l'intermédiaire de leur
loterie nationale,une véritable puissance sportive et économique.